• La pesée du coeur dans l'Egypte antique

     

    Dans "le livre des morts" des anciens Egyptiens,au chapitre 125,le défunt devait passer devant le tribunal d'Osiris.

    Cette fonction d'Osiris a ensuite été transférée au Christ,puisque l'Evangile dit "Dieu a remis au Christ,le jugement tout entier (Jean:5:22)."

    Le mort devait aussi témoigner de son innocence et de sa vie équitable.

    Dans ce chapitre 125,il doit déclarer:

    "J'ai donné du pain à l'affamé,de l'eau à l'altéré,des vêtements à celui qui était nu,une barque à celui qui n'en avait pas."

    Dans les évangiles chrétiens,on retrouve ces mêmes injonctions.

    Dans la vignette illustrant le chapitre 125,on assiste à la pesée symbolique du coeur.

    Dans une balance à hauteur d'homme en forme de Tau,soutenu par le bras droit de Seth et le bras gauche d'Horus,deux plateaux sont suspendus aux extrémités.

    Dans le plateau à gauche est placé le coeur du défunt ,sous la forme d'un vase ,symbolisant le coeur et sur le plateau de droite,se trouve la statuette de Maât,une jeune femme accroupie tenant dans sa main la croix ankh,symbole de vie et sur sa tête la plume d'autruche symbolisant la vérité Justice.

    Le dieu Thot,note le résultat de la pesée.

    Et devant lui se trouve le monstre dit "la grande dévoreuse"

    A l'extrême droite du tableau se trouve un prêtre faisant le geste du Ka,les deux bras levés en équerre et tenu au nombril par le bras gauche de la déesse Maât reconnaissable à sa grande plume d'autruche sur la tête.

    On notera aussi au centre supérieur de la balance la présence du baboin ou singe chien symbolisant aussi Thot,le logos.Le baboin symbolise la forme pré-humaine.Il parait aussi qu'il manifeste sa joie le matin au lever du soleil.

    Les deux plateaux de la balance doivent être en équilibre.

    Le coeur doit être au même niveau que Maât,la Vérité-Justice.

    Dans le cas contraire le défunt était jeté au monstre dit "la grande dévoreuse"

    La déesse Maât est présentée comme l'épouse de Râ,le dieu suprême ou encore comme le Ka ou l'énergie de Thot,Logos et coeur de Dieu qui deviendra plus tard l'Hermès des Grecs.

    Signalons aussi en passant que Moïse a été appelé Hermès par Eusèbe de Césarée,disciple d'Origène et auteur de "l'histoire écclésiastique".

    La déesse Maât est représentée par une plume d'autruche sur sa tête.

    C'est la même représentation que Shou,le souffle de vie,le souffle lumière,le premier né de Râ.

    Ainsi,le souffle de vie est aussi porteur de Mâat,la Vérité Justice.C'est ce souffle que l'ancien testament appelera Sagesse qui a fondé le monde.

    Les chrétiens appelleront ce souffle,l'esprit Saint,paraclet ou esprit de vérité.

    Selon le livre de la Genèse Dieu (Elohim) souffla dans les narines d'Adam,notre ancêtre archétype, homme d'argile ,de la terre,adamah,  un souffle de vie.

    Ce souffle de vie contient le principe organisateur,reflet de l'ordre cosmique,justice vérité.

    Les hébreux appellent la justice- vérité:Tsedeq.

    St Paul dans ses épîtres nomme le Christ: Prêtre,selon l'ordre de Melki-Tsedeq,prêtre de toute éternité.

    Melki-Tsédeq,roi de justice et de paix (Salem) est antérieur à Abraham,figure symbolique auquel,il lui a donné le pain et le vin symboliques.Melki-Tsedeq,se réfère au Maât Egyptien.

    On retrouve ici toutes les notions Egyptiennes de Shou,le souffle,associé à Maât,la justice-Vérité.

    Les hébreux ont aussi emprunté le terme de Maât à l'Egypte et l'ont transformé en AMET (qui se lit Emeth) qui signifie Vérité.

    Et aussi en AMEN,dérivé d'Amet, Emounah,la foi,la fidélité,la soumission à l'ordre cosmique.

    Le Christ a  été appelé Amen dans le livre de l'Apocalypse ou Révélation de St Jean.Il se réfère donc à Amet,à Maât.

    Le prière centrale de l'Evangile est le "Pater" qui demande la venue en soi,en son coeur, du royaume des cieux et de sa Justice (Tsedeq ou Maât)

     

    Dans les hymnes et prières de l'Egypte ancienne, Maât était aussi priée,l'appelant à faire son siège sur la tête  et sur la bouche des fils de Râ.

     

    Il faut se rappeler aussi que mourir,c'est aller à son KA.

    Dans la vignette du livre des morts,le KA est associé à Maât.

    Le Ka étant la puissance énergétique de l'homme,on peut donc inférer au Ka,l'auto-jugement de la personne humaine.

    Le coeur humain,ce vase composé de fluides divers doit donc se soumettre au coeur supérieur,à la balance de Maât.

    Ceci afin d'être justifié et d'accéder à la vie éternelle.

    C'est dans ce sens aussi que l'on devient Maâ-Krou,c'est à dire juste de voix.

    Dans l'Evangile de Jean on peut aussi lire:

    "Oui,répondit Jésus,je suis roi.C'est pour rendre témoignage à la Vérité (Maât ou Amet) que je suis né et que je suis venu dans le monde." (Jean 18:37)

    Ainsi,le mythe de Jésus rejoint le mythe plus ancien de l'Egypte ancienne.

    Cependant la morale de la justice- vérité qui doit dominer le coeur est éternelle.